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Rock et animation japonaise : même combat

Chose promise, chose due, cette semaine de fin novembre je vous entraîne avec moi pour explorer les similitudes évidentes qui rapprochent l’animation japonaise de ce bon vieux rock. Toutes deux des étiquettes bien trop larges pour désigner spécifiquement une production particulière au sein de leur média respectif, ce sont des désignations qui sont reliées à des concepts finalement bien similaires. Mais au lieu de faire une ennuyeuse comparaison de leurs histoires, je vous offre la version courte, reposant sur des clichés et des raccourcis tout ce qu’il y a de plus actuels. Enfin, c’est ce qu’on m’a dit.

La comparaison la plus simple à faire est celle que l’on peut faire entre les fans des deux domaines. Prompts à se réunir pour des grandes communions périodiques (les Comiket, Lollapalooza, le Hellfest, Epitanime, etc.), ceux-ci ne craignent pas la proximité de leurs confrères aux cheveux gras pour approcher leurs artistes favoris ou ne serait-ce que les entrevoir, et si possible leur soutirer un pick ou un bouquin dédicacé, symbole physique de leur triomphe sur la foule.

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Keijo!!!!!!!! – Fesse Off

Ce week-end, j’avais prévu de vous parler de musique et d’animation pour célébrer avec quelque chose de fun le premier anniversaire de ce blog, qui était en fait le 7 novembre. Quand soudainement, un débat emporté sur un logiciel de messagerie instantanée m’a amené à changer mes plans.

Selon le petit Paul, qui nous envoie un message de la région parisienne, bonjour Paul,  Keijo!!!!!!!! serait « naze et dégradant ». Voilà qui n’est pas très fun. Et autant je ne veux pas me servir de ce blog pour répondre directement aux avis des gens que je connais, autant je me dis que c’est un avis qui doit être pas mal répandu chez les gens qui ont entendu parler de Keijo!!!!!!!! mais ne l’ont ni vu ni lu. Alors même si j’en ai déjà un peu parlé, je vais vous faire un petit billet sur le sujet en espérant nuancer des a priori déplaisants que vous pourriez avec sur ce noble sport.

Mais d’abord, l’habituelle fiche technique. Keijo!!!!!!!! est avant tout un manga de Daichi Sorayomi, publié depuis 2013 dans le Shounen Sunday. La bio du gars Daichi ne présente malheureusement pas grand intérêt, donc passons. Vous vous souvenez peut-être que j’en ai parlé en février dans mon billet de la Saint Valentin, entre d’autres œuvres pas moins mémorables (d’ailleurs Demi-chan wa Kataritai a eu une annonce d’adaptation depuis et j’en suis bien content).

Coup de bol incroyable, quelques jours avant que je ne publie le post (qui était déjà dans les tuyaux), une adaptation en série animée s’est vue annoncée. Produit par le studio Xebec, qui est d’ailleurs un spécialiste de l’animation des chairs voluptueuses de la gent féminine, le projet ne donnait pas forcément envie d’y croire, étant donné que le studio n’est pas forcément réputé pour l’animation de bastons de l’ampleur de celles de Keijo!!!!!!!!. Et en fait, honte sur quiconque n’y croyait pas, Keijo!!!!!!!! s’avère être, du moins pour le moment, une assez grande réussite, niveau fidélité au manga (même si la série fait le choix de sauter le début du manga), niveau animation, niveau ambiance, etc.

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Onara Gorou : Épisodes 7 à 13

J’en avais un peu parlé dans le bilan la semaine dernière, mais vous aurez bien sur très vite remarqué l’AOTS caché au milieu de la liste. Il s’agit de l’inexplicable Onara Gorou, un anime racontant des histoires tournant autour de la figure d’un honorable pet nommé Onara Gorou. Je vous avais dit que si les six premiers épisodes étaient visionnables grâce à l’entremise de votre oncle Takahashi, le reste pouvait se visionner sur Youtube en japonais, mais légalement et gratuitement. J’y ai pensé, je l’ai suggéré, et je l’ai fait : voici la traduction en français des sept épisodes restants, à partir du septième (qui est pour moi le meilleur).

Pour un visionnage plus agréable vous pouvez mettre la vidéo dans une fenêtre d’un côté de l’écran et le script traduit dans une autre fenêtre de l’autre côté de l’écran, comme vous voulez. J’ai pas raffiné le truc au point où le script est compréhensible sans la vidéo, donc faites de votre mieux pour combiner la vidéo et la traduction, qui est d’ailleurs, je m’en excuse d’avance, probablement assez approximative vu que mon niveau de japonais est très loin d’être remarquable et que c’est la première fois que je traduis quelque chose d’aussi long. Sur ce, on est partis :

Épisode 7 : AnoNara ~Nous n’oublierons jamais le bruit du pet que nous avons lâché ce jour-là~

Narration : L’amour est toujours une chose qui arrive aussi soudainement qu’elle ne repart.
Narration : En vérité, l’amour est comme un pet.

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Été 2016 : Le Bilan

Je hais l’été. Le concept peut vous paraître étrange, mais il est aussi solidement ancré en moi que les pâtes au sel dans le menu hebdomadaire du chômeur moyen. Déjà, il y a la chaleur. Je vous épargne les considérations météorologiques sur le climat de la région lyonnaise à la mi-juillet, mais merde quoi, quand il fait froid y’a toujours moyen de se couvrir plus, de faire un feu sur son bureau avec des post-its secs et un briquet trouvé dans le second tiroir en partant du haut de votre commode, et au pire ça ne rend l’étreinte de la couette que plus douce. Quand il fait chaud, à partir d’un moment, y’a plus de vêtements à retirer, et à moins d’y aller comme un bourrin sur la clim’ et de barrer toutes les fenêtres, vous ALLEZ suer. Et ne me lancez pas sur le manque d’intérêt intrinsèque des plages. Et pour ne rien arranger, c’est aussi là que se trouve ce qui est très souvent la pire saison d’anime de l’année.

Oui, parce que vous n’êtes pas là juste pour m’entendre parler du temps qu’il fait (enfin, qu’il a fait il y a quelques mois). Et je le déclare tout de suite, ce n’était pas qu’un effet de style, la saison d’été a bel et bien été, en moyenne, effroyable que ça soit du point de vue créatif ou point de vue technique, au point où je me demande quelle influence tout ce visionnage d’anime a sur mon appréciation des séries. Est-ce que je me rends de plus en plus critique et frustré, ou au contraire est-ce que j’émousse mes critères d’évaluation pour supporter tout ce que je regarde ? Serais-je en train de me diriger inéluctablement vers une sorte d’autodestruction de la pensée critique, et je serais le dernier à m’en rendre compte ? Mais non voyons, la surconsommation n’a jamais d’effets négatifs, quelle idée. Mmh, à méditer tout de même, au cas où.

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Fig. a) Un garçon triste qui a regardé trop d’anime.

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Rewrite – L’Hymne de nos compagnes

Je trouve ça un peu facile de dire « L’adaptation en 13 épisodes est nulle, lisez plutôt le visual novel, c’est seulement une petite centaine d’heures à lire. ». C’est d’ailleurs tellement facile à dire que je le dirai probablement à la fin du billet. Mais comme seule, la requête manque un peu d’appeal, je pense qu’il est utile de vous donner au moins un peu envie de lire Rewrite, car il vaut bien au moins ça.

Histoire de vous donner la définition Wikipédia sans l’imprécision, Rewrite est la huitième IP du célèbre studio Key, principalement connu pour Clannad, et pour d’autres visual novels aux adaptations bien moins heureuses. Je vous avais aussi déjà parlé de planetarian, et nous allons donc ici continuer cette saine habitude consistant à parler de jeux Key pas scénarisés par Jun Maeda.

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Rewrite raconte l’histoire d’un lycéen nommé Kotarou Tennouji, qui cache derrière son comportement frivole et plaisantin quelques gros secrets et une incapacité à s’impliquer pleinement dans ce qu’il fait et dans ses relations avec ses camarades de classe. Sa vie tranquille au lycée avec son amie d’enfance Kotori Kanbe et son camarade, le chuuni le plus classe du monde, le détective Alexei Hexas III, mi-homme mi-loup mi-girafe mi-amateur de poires, aussi appelé Yoshino, est tranquille. Cette phrase pléonastique n’est bien entendu pas causée par le fait que je me sois un peu emporté dans ma description du meilleur voisin de classe du monde, je voulais juste dire que sa vie était férocement tranquille.

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Mob Psycho 100 & Saiki Kusuo no Ψ-nan – En proie aux ténèbres

Chaque saison d’anime est porteuse de son lot de coïncidences amusantes, et je m’amuse à trouver des séries aux thèmes extrêmement proches ou avec quelques éléments quasi-identiques. Par exemple, aviez-vous remarqué que cette saison d’été on a eu deux séries shounenisantes tournant autour de personnages principaux correspondant chacun à un péché capital ? Du coup, au lieu de continuer à vous lâcher des billets déficients en fond pour faire de simples recommandations, j’ai décidé de mettre à contribution ce loisir pour faire un billet un peu plus travaillé, comparant vite fait deux séries de la saison aux thématiques très proches. Je parle bien entendu de deux séries pas super bien dessinées portant sur des adolescents introvertis porteurs de pouvoirs psychiques surpuissants, j’ai nommé Mob Psycho 100 et Saiki Kusuo no Ψ-nan. Mais chaque chose en son temps, introduction développement conclusion, commençons par présenter chaque série.

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On en a déjà parlé, je vous ai déjà dit que ça tuait et que j’avais hâte de voir l’anime : Mob Psycho 100 est le manga au trait aléatoire de ONE, l’auteur de One-Punch Man. Rapide rappel : on y suit Shigeo « Mob » Kageyama, un lycéen qui est aussi un psychique extrêmement puissant, et son « maître » Reigen, un escroc qui se fait passer pour un psychique. Mais si le jeune Mob est un garçon de bonne nature et très timide, si ses émotions atteignent un certain seuil virtuel (représenté par un certain pourcentage), il est sûr de perdre le contrôle et de foutre le dawa dans le plan local d’urbanisme du quartier.

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Binan Koukou Chikyuu Bouei-bu LOVE! – Bromance miraculeuse

Vous savez, il me semble que nous avons affaire, récemment, à une recrudescence d’anime que je qualifierai de bishounen, ou de cute boys doing cute things, centrés sur des personnages masculins calibrés pour le public féminin, avec une présidence féminine réduite (si existante) à l’écran, et pas toujours avec un scénario. Et halte là, ne montez pas sur vos grands chevaux, ne montez même pas sur vos poneys, ce n’est pas en rien une critique, après tout il en faut pour tous les goûts. J’ai pas fait les stats donc libre à vous de me latter dans les commentaires, mais le fait est que durant cette saison d’été, on s’est retrouvés avec deux anime de boys band et un sur un groupe de cheerleaders masculins, et pour la saison d’automne on va avoir Magic Kyun, la S4 d’Uta no☆Prince-sama♪, la S3 d’Ame-iro Cocoa, et d’autres qui vont plus loin du point de vue de l’écriture mais se concentrent quand même sur un cast de beaux garçons, comme Yuri!!! on Ice et d’autres.

Peut-être est-ce là une couille statistique dans la matrice, mais cette concentration inhabituelle est d’autant plus remarquable et intéressante qu’elle correspond chronologiquement assez bien à un évènement qui a fait du bruit dans l’industrie il y a de ça neuf mois. Je parle bien entendu des ventes exceptionnelles d’Osomatsu-san. Pour rappel, c’est la seconde série animée japonaise du millénaire à avoir vendu plus de 100k exemplaires d’un de ses volumes. Autre rappel : Osomatsu-san est une série qui était elle aussi orientée vers un public féminin. Hormis le casting de seiyuu masculins extrêmement populaires permettant de vendre des event tickets par camions, on a pu noter que la série a eu le droit à une adaptation en manga dans un magazine josei. Ainsi, vous l’aurez compris, je vois en cette recrudescence le spectre du succès flamboyant d’Osomatsu-san. Mais si cela a permis aux acteurs du marché de réaliser à nouveau l’importance du marché féminin, il y a autre chose à en dire : c’est l’anime comique le mieux vendu de tous les temps, et de très très loin. Et parmi toutes les autres séries que j’ai cité, aucune ne tente le créneau qui aura réussi à Osomatsu-san : le duo casting masculin et comédie. Heureusement, on a Binan Koukou Chikyuu Bouei-bu LOVE! LOVE! pour faire ça. Ce qui ne l’empêchera pas de se vendre à 5k unités max, hein.

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Après cette introduction qui doit être la plus longue et la plus tordue que j’aie jamais fait, voilà enfin notre sujet. Binan Koukou Chikyuu Bouei-bu LOVE!, c’est donc une création originale du studio Diomedea que l’on connait pour des séries comme Akuma no Riddle, Kantai Collection ou encore Mayoiga, bref, que du bon. La série est réalisée par Shinji Takamatsu (le réal de Gintama, Danshi Koukousei no Nichijou et, récemment, Sakamoto desu ga?), et écrite par Michiko Yokote (Princess Tutu, Shirobako).

BKCBL, pour faire court, est une série qui suit la vie de cinq lycéens dans un lycée pour garçons, et leur vie tranquille, faite de visites aux bains publics locaux et de discussions dénuées de sens. Quand un beau jour arrive dans leur vie un wombat rose (ou plutôt, un alien en forme de wombat rose) qui les charge de défendre la Terre d’une mystérieuse menace. Les garçons n’ont rien demandé, mais les voilà avec un bracelet magique au poignet, et la capacité de se transformer en Battle Lovers, des garçons magiques combattant avec le pouvoir de l’amour contre de méchants monstres qui apparaissent çà et là.

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Le saviez-vous, les uniformes de mahou shounen sont adhésifs et plutôt résistants.

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