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Kono Bijutsubu ni wa Mondai ga Aru! – L’Ivresse de moe

La semaine dernière, je vous faisais un petit sermon sur les conventions de nommage, si je puis dire, des produits culturels japonais, pour vous présenter un manga intitulé en fonction de la boisson favorite de son héroïne. Aujourd’hui, tout le contraire, puisqu’on va prendre un titre bien auto-descriptif, j’ai nommé « Il y a un problème dans ce club d’art ! ».

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Moi en train de chercher une intro potable (vision d’artiste)

Kono Bijutsubu ni wa Mondai ga Aru!, puisque c’est son nom, est donc un manga dont la parution a commencé en 2012, et dessiné par Muru Imigi, qui a fait deux autres petites séries franchement inconnues en occident. Histoire d’avoir quelque chose à dire, le manga est publié dans le Dengeki Maoh, qui est un magazine de prépublication qui a la particularité d’être composé en grande majorité d’adaptations : Kiznaiver, Persona, Disgaea, God Eater, un peu tout y passe.

Alors du coup, Konobi, puisque c’est son autre nom, qu’est-ce ? C’est une comédie romantique qui met en scène Mizuki Usami, une lycéenne ordinaire qui fait partie du club d’art de son bahut. Parmi les membres de ce club se trouve aussi un personnage pour lequel j’ai pas mal d’empathie, puisqu’il s’agit de Subaru Uchimaki, un garçon qui n’a aucun intérêt pour les vraies filles et passe son temps à se peindre des waifus. La suite va vous étonner, à moins que non.

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Orange – Secourez-moi

Il est courant, et légitime, de se demander comment les auteurs en viennent à nommer ainsi leurs œuvres. Si certains auteurs japonais recourent à la facilité en les intitulant du nom de leur personnage principal, du nom d’un objet important à l’intrigue ou plus simplement en facilitant le travail des marketeux de leur éditeur en faisant un rapide résumé de leur synopsis (« J’ai oublié le nom d’une certaine meuf que j’ai croisé cet été dans un donjon, qui s’avère être ma petite sœur, qui voulait tomber amoureuse et a refait sa vie dans un monde parallèle (qui, par ailleurs, a ma bénédiction), pfoulala elle daube cette comédie romantique, je vais plutôt retourner sur mes meuporgs », j’invoque ton nom car je sais qu’un jour tu existeras)… Si certains auteurs, donc, recourent à la facilité, d’autres se plaisent à faire dans la subtilité, par exemple en relevant un détail par ailleurs sans incidence sur l’intrigue de l’œuvre. Ainsi voici venir Orange, qui par son titre nous informe que la boisson préférée de son héroïne n’est pas la Smirnoff. Quoique, sait-on jamais, c’est compatible après tout.

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Du coup, cette semaine, Orange, d’Ichigo Takano. Pas grand chose à dire sur l’auteure, puisque Orange est sa seconde série à faire plus d’un tome, et que je n’ai jamais entendu parler de sa première (nommée Yume Miru Taiyou). Truc marrant à noter, Orange est une série terminée en 5 tomes, mais dans chaque volume on a le droit a un des cinq chapitres de la série précédente de Takano, Haruiro Astronaut, dont je ne parlerai pas mais qui est sympa sans plus (la fin est très très rapide). Vous le savez probablement, Orange a eu le droit cet été à une adaptation en anime par le studio Telecom Animation Film, que vous avez pu voir dans les précédents bilans de ce blog puisqu’au début de l’année, ils ont fait le grand écart entre le dernier cour de Lupin III (2015) et Phantasy Star Online 2: The Animation. Mais avant de dire de quel côté l’anime se range niveau qualité, parlons du manga.

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Automne 2016 : Le Pronostic

On est arrivés au dernier mois de la saison d’été et pendant que je remonte le fil des séries sur lesquelles je suis en retard tel le saumon non-tabagiste s’éloignant des zones fumeur, je vois de plus en plus de promotional videos (PV) apparaître çà et là pour la saison prochaine. D’habitude, je ne regarde pas trop les PV et les synopsis pour me garder la surprise, mais après tout, pourquoi ne pas bousculer mes habitudes et tenter de vous montrer que le futur de l’animation japonaise n’est pas si sombre, au moins à court terme, en vous parlant de la saison à venir, mais pas que, en passant par les films récents et à venir, ce genre de choses.

Pour commencer, on va faire ça studio par studio, et on va partir d’une valeur sûre niveau animation : Kyoto Animation. Après un début d’année qui a déçu avec Musaigen no Phantom World en hiver (et la version film de la première saison de Hibike! Euphonium, passée inaperçue en avril), Kyoto Animation sort le grand jeu en offrant à la réalisatrice Naoko Yamada l’occasion d’une rentrée en or, avec d’une part le film Koe no Katachi (adapté du très bon manga sur le handicap, le regret, l’isolation et sur plein d’autres choses, de Yoshitoki Ooima), qui sort le 17 dans les salles obscures japonaises et dont chaque image parue permet d’imaginer un film d’une grande qualité technique, et de l’autre la seconde saison de Hibike! Euphonium, l’excellente série de l’année dernière dont j’avais parlé dans le premier bilan de ce blog, qui parle de passion et d’implication, de relations conflictuelles, et de garder ce putain de tempo, le tout sur fond d’animation absolument délicieuse. Bon, par contre la PV qui est sortie a un son dégueulasse, une narration en anglais qui n’a rien à voir avec l’esprit de la série (nan mais, « Heaven or Hell », vous vous êtes cru où, dans Guilty Gear ?) et ne montre rien de bien important, donc je préfère vous mettre une PV d’une minute de Koe no Katachi. Et puis à plus long terme n’oubliez pas que Violet Evergarden existe, avec sa superbe vidéo d’annonce, et que ça sera peut-être le premier bon anime adapté d’un light novel publié par KyoAni, qui sait ? En tout cas en toute logique ça devrait venir vers le printemps 2017, et j’ai hâte.

 

 

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Nihon Animator Mihonichi – Et moi, et moi, et moi

Les semaines précédentes on a pas mal parlé de manga qui se démarquaient clairement des canons habituels de l’industrie, alors pourquoi ne pas faire de même du côté anime ? Coup de bol, cette semaine, j’ai fini de regarder le Nihon Animator Mihonichi, alors on n’a qu’à faire ça.

Alors le Nihon Animator Mihonichi, c’est quoi dis donc ? Déjà, peut-être connaissez-vous mieux le concept sous le nom de Japan Animator Expo. Annoncé fin 2014, le projet est mené et supervisé par Hideaki Anno (Gunbuster, Neon Genesis Evangelion, etc.) et le studio qu’il a créé en sortant de la Gainax, le studio Khara (avec lequel il réalise la tétralogie Rebuild of Evangelion). L’idée annoncée du projet est de permettre à de jeunes animateurs et à certains réalisateurs de s’offrir un peu d’exposition à l’international. Si quelques studios mineurs (ainsi que Trigger, parce que copains de Gainax) ont participé à l’opération, la plupart des courts-métrages ont été produits au sein du studio Khara, ou du moins avec l’aide des ressources du studio. Et oui, puisqu’on y est, il s’agit donc d’une série de 35 courts-métrages diffusés sur le net, allant de 6 à 10 minutes, sans restrictions de thèmes ou de style. On a des clips, on a du stop-motion, des influences et des réals d’un peu partout. Autre truc fun, il me semble que tous les personnages et toutes les chansons sont interprétés exclusivement par deux seiyuu cultes : d’un côté Megumi Hayashibara (Rei dans Eva, Paprika dans le film de Satoshi Kon), et de l’autre Kouichi Yamadera (Kaji dans Eva, Spike dans Cowboy Bebop), prouvant une fois de plus s’il le fallait que ce sont deux seiyuu d’un talent incroyable (j’ai mis un certain temps à tilter que c’était toujours eux). Et pour finir sur les noms propres, sachez que le logo a été designé par Hayao Miyazaki et colorisé par Toshio Suzuki (autre co-fondateur de Ghibli), ce qui est à un niveau de branlette impressionnant parce que concrètement Hayao ça a pas du lui prendre une minute, et son copain le temps d’ouvrir GIMP il avait fini de mettre les lettres en rouge. Mais bon, passons.

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Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken – Il fait les guro titres

Après Palepoli la semaine dernière, on continue dans le domaine des auteurs underground (mais connus, bref je vais pas la refaire) et des manga intelligents pleins d’humour noir. Mais cette semaine, on va parler d’une œuvre d’un artiste que vous connaissez sans doute, que vous connaissiez ou non son nom, puisque c’est Shintarou Kago, un garçon dont vous avez sans doute déjà vu des illustrations. En voici deux des plus connues :

Alors Shintarou Kago, qui est-il madame ? C’était un garçon très gentil, il ne parlait pas beaucoup mais il était bien poli, je n’aurais jamais deviné, inspecteur. Car la cruelle réalité, c’est que ce gentil garçon est un vil mangaka, un dessinateur de ces fameuses bande-dessinées asiatiques violentes et perverses. Coup de bol, pour Kago, c’est effectivement le cas : la violence et la perversité sont au cœur de ses œuvres. Tête de proue actuelle du genre ero-guro, le bonhomme se plait à dessiner le corps humain dans plein de situations où vous n’aimeriez pas que le vôtre se trouve, sans la moindre réserve par rapport à la sexualité et à l’anatomie intime de l’humain. C’est à peu près comme ça que je définirais le genre (mais comme j’en ai lu assez peu, n’hésitez pas à me corriger si je dis des conneries). Toutefois, n’allez pas penser que ses histoires sont gratuitement grotesques, car si l’auteur ne se cache pas d’une certaine impulsivité dans ce qu’il dessine, il suffit de lire ses œuvres pour voir que le cerveau n’est pas pour lui qu’un organe à arracher et découper. Du peu de Kago que j’ai lu, le bonhomme m’a impressionné de par sa finesse et son intelligence dans l’écriture de ses histoires, notamment dans Choudennou Pataraxis, et puis dans le manga d’aujourd’hui, j’ai nommé Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken, attention à pas vous mordre la langue.

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Palepoli – La branlette artistique cause l’absurdité

Après un billet un peu costaud en début de semaine, j’ai envie de me reposer un peu et de vous parler de façon un peu plus concise d’un sujet qui n’est pourtant pas moins important. Si la flemme est une bonne excuse, il faut aussi bien dire que c’est une œuvre qu’il est préférable de découvrir de soi-même (ce qui est aussi la raison pour laquelle je vais tenter de pas poster trop d’images avec). On va donc parler d’un manga culte, mais inconnu, mais culte. Je m’explique.

Le manga du jour, c’est Palepoli, première œuvre d’Usamaru Furuya, dont les planches ont été d’abord publiées dans le Garo. Trois noms propres, et déjà trois noms qu’il convient de présenter. D’abord, connaissez-vous le Garo ? Pas que je sois un grand connaisseur du sujet, mais c’est un nom important à connaître. Fondé en 1964 sur les ruines d’une partie du marché du manga, le magazine s’impose rapidement comme un pionnier du manga artistique et intellectuel, du manga d’avant-garde, du gekiga, souvent porteur de message à caractère social ou politique. Clé de voûte des cercles underground de la bande-dessinée underground japonaise, il accueillera des auteurs majeurs comme Shigeru Mizuki (dont j’ai déjà parlé dans un précédent billet), Yoshihiro Tatsumi et Suehiro Maruo, pour citer les plus connus, et ira jusqu’à influencer considérablement l’un des pères du médium : Osamu Tezuka. Pour le reste, Wikipédia vous en parlera mieux que moi. Et si comme moi vous connaissiez de nom ces auteurs et leurs œuvres principales, probablement connaissez-vous aussi de réputation Usamaru Furuya, ainsi que Palepoli ? L’homme est toutefois plus connu pour le superbe Litchi☆Hikari Club. Usamaru Furuya est un artiste issu des beaux-arts, qui est passé par un certain nombre d’arts (peinture, sculpture, danse, etc.) avant d’entrer dans le Garo sans trop de connaissances préalables de ce qui fait un manga, de sa structure ou de ses codes en général. Palepoli est donc sa première œuvre, et elle témoigne à la fois de sa vaste expérience artistique et de son manque d’expérience du manga, pour un résultat sans nulle autre pareille.

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Printemps 2016 : Le Bilan

C’est l’été. Vous aurez beau tenter d’échapper à la réalité, la tête contre la grille du ventilateur, le fait est indéniable. Les reflets sur l’écran, les shorts, la plage, France 2 qui interviewe des gens sur l’A6 pour s’entendre dire que « houlà ça fait quatre heures qu’on avance pas, mais on garde le sourire hein », autant de terribles symptômes qui confirment que bordel, on est franchement en été. Heureusement, je suis là et j’ai tout prévu. À travers ce billet, je vous offre un retour un mois dans le passé (enfin un peu plus d’un mois mais bon), vers une saison plus clémente à bien des niveaux. Ne me remerciez pas, c’est tout naturel.

Eh oui, voilà enfin le bilan anime du printemps 2016, où je remets en jeu ma couronne de roi du shit taste. Rappelons les règles, enfin plutôt la règle : je ne parle que d’anime dont j’ai vu l’intégralité des épisodes sortis cette saison (soit jusqu’au 30 juin), et dans le cas contraire je le précise clairement. Pour les anime de plusieurs cours continuant en été, notez bien que je ne les évalue que sur les épisodes sortis jusqu’à fin juin, n’ayant de toute façon pas encore vu les épisodes postérieurs. Notez aussi que tous les anime diffusés à la télévision japonaise pendant le cour de printemps, qu’ils aient commencé ou pas cette saison, peuvent y figurer. Le classement se fait dans l’ordre croissant, et est tout à fait arbitraire (le critère principal étant la plaisir que j’ai pris à voir chacun de ces anime). Qui plus est, et c’est particulièrement valable cette saison, le classement me force à comparer des anime qui ne sont absolument pas comparables, et même des anime a priori comparables peuvent présenter des intentions tout-à-fait différentes, donc je vous demande de prendre tout ça avec un grain de sel, et du persil pour égayer. Mais alors, pourquoi faire un classement, direz-vous si vous n’avez pas lu le bilan précédent où je répondais déjà à la question ? De un, parce que j’aime bien, et de deux, pour faire rager les gens qui n’auront pas lu cette introduction. En somme, le classement tout seul n’a pas grande valeur, donc lisez aussi le texte censé le justifier. Enfin faites semblant, au moins. Autre chose, la liste comprend un special, un anime d’un seul épisode mais qui est effectivement passé à la télévision japonaise pendant la saison, donc j’ai décidé de l’inclure, et c’est comme ça.

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